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Avis aux spéculateurs ! Ne touchez pas au franc suisse
Par LeMonde.fr
mer 01 jui, 14h17  Envoyer par mail  Envoyer via Y! Messenger  Blog via Yahoo! 360  Imprimer

Pas de surenchère sur le franc suisse, sinon... Voilà en substance le message que la Banque nationale suisse (BNS) adresse aux marchés. Depuis le mois de mars, elle a eu à plusieurs reprises l'occasion d'exprimer concrètement sa position, en vendant soudain en quantité des francs suisses (CHF) pour acheter des euros ou des dollars. A chaque fois, le franc suisse a plongé.

Sur le marché des devises, l'intervention des autorités nationales fait souvent long feu. Les spéculateurs sortent de l'épreuve en vainqueurs, tandis que les banques centrales n'ont plus qu'à pleurer, tant sur leurs pertes pécuniaires que sur leur amour-propre blessé.

Mais, en général, celles qui essuient ce genre d'humiliation cherchent à faire s'apprécier leur monnaie. La BNS, elle, essaie d'empêcher sa monnaie déjà forte de le devenir encore davantage. Jusqu'à maintenant, ses interventions ont fait mouche. Les courtiers se méfient.

Les investisseurs et la BNS ont des intérêts incompatibles. Pour les étrangers, le franc suisse est une valeur refuge par excellence, alors que les Suisses ont tout à perdre du renchérissement de leur monnaie. Un franc suisse plus fort, cela veut dire que les importations se dévaluent et que la déflation peut s'installer. De fait, on s'attend cette année à ce que l'indice des prix baisse de 0,5 %.

Il semble que le seuil de tolérance de la BNS soit atteint lorsque l'euro vaut 1,50 CHF. Il est déjà arrivé que la banque centrale suisse intervienne pour ramener le taux à un euro pour 1,53 CHF. La semaine dernière, le taux s'est à nouveau approché de 1,50 CHF : la riposte ne s'est pas fait attendre. Les opérateurs du marché en sont restés stupéfaits.

La politique de change des Suisses sert une politique monétaire qui vise à contenir la déflation. En 2008, la BNS a presque fait tripler la masse monétaire. Pourtant, l'argent n'a pas été utilisé. M3, l'agrégat le plus large qui inclut les prêts bancaires, n'a crû que de 4 %. Le crédit reste rare, mais la situation serait encore moins bonne si cette politique d'expansion monétaire n'avait pas été mise en oeuvre.

Toute la crise financière avec LeMonde.fr

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