L'activité manufacturière dans la zone euro a poursuivi son redressement au mois de juin mais avec des variations sensibles entre les pays qui composent l'espace économique, notamment l'Allemagne qui reste à la traîne, selon l'enquête mensuelle publiée par Markit.
La contraction du secteur s'est infléchie pour le quatrième mois d'affilée grâce au ralentissement de la baisse des nouvelles commandes, ce qui implique que le recul du produit intérieur brut (PIB) de la zone euro au deuxième trimestre sera nettement moins important qu'au premier même si la croissance reste une perspective lointaine.
L'indice PMI manufacturier définitif est remonté à 42,6 en juin, contre 40,7 le mois précédent, atteignant son niveau le plus haut depuis septembre dernier. L'estimation flash était ressortie à 42,4, tout comme les projections des analystes et des économistes.
Il reste toutefois nettement sous le seuil des 50,0 à partir duquel il rend compte d'une expansion.
Les enquêtes PMI montrent que le rythme de la contraction de l'activité manufacturière varie sensiblement entre les pays. Si la France est proche d'une stabilisation, l'Allemagne en est encore loin.
ÉCARTS NATIONAUX
Ces statistiques ont eu peu d'impact sur les marchés financiers et sur l'euro.
"Un retour à la croissance d'ici la fin de cette année ou en début d'année prochaine comme le prévoit la Banque centrale européenne sera un défi au regard de ces chiffres", commente Kenneth Broux, de Lloyds TSB.
Le redressement de l'indice PMI manufacturier de la zone euro est dû pour partie à l'amélioration des perspectives concernant le recul des commandes. L'indice mesurant les commandes nouvelles est remonté à 44,9 après 42,2 en mai, son meilleur niveau depuis le mois de juin de l'année dernière.
Le ratio commandes/stocks, qui mesure la pression pesant sur la production des entreprises, illustre les variations importantes entre les 16 pays de la zone euro.
Pour l'ensemble de la zone, il est remonté à son meilleur niveau en 22 mois mais dans le détail, l'Italie met plus de temps à écouler ses anciens stocks que d'autres pays comme dans la France.
"Les écarts nationaux accentuent le risque d'un long processus de rétablissement pour la zone euro dans son ensemble", explique Chris Williamson, chef économiste à Markit.
Il a estimé que l'Allemagne, l'Espagne et l'Italie avaient encore un long chemin à parcourir avant de retrouver la croissance.
Version française Gwénaelle Barzic